Quelles sont les plus vieilles maisons de France ?

Lorsque l’on cherche à en savoir plus sur une maison, l’une des premières questions qui se pose est souvent celle de sa date de construction. Dans le cas d’une maison en apparence très vieille, jusqu’à quelle époque peut-on espérer remonter ? Pour cet article, j’ai donc cherché quelles étaient les plus vieilles maisons connues à ce jour.
Nous pouvons déjà ouvrir les paris : à votre avis, de quand datent les plus vieilles maisons conservées en France ?

(edit du 10/02/21 : cet article visait à donner une information difficilement trouvable sur internet. C’est désormais chose faite, puisqu’il a été repris et mentionné comme source dans un article de Neozone qui apparaît comme premier résultat Google)

« Du haut de nos clochers, des siècles nous contemplent »

La France possède un riche patrimoine qui nous permet de croiser souvent des bâtisses très anciennes. Le meilleur exemple en est l’église qui surpomble quasiment chaque village de France.

Dans de très nombreuses communes, les textes anciens révèlent l’existence de lieux de cultes chrétiens avant l’an 1000. Les églises que nous pouvons voir aujourd’hui datent cependant le plus souvent en surface des XIe-XVe siècle aussi appelés le « temps des cathédrales » par l’historien Georges Duby (et par Bruno Pelletier…), même s’il n’est pas rare qu’elles aient été érigées sur des lieux de culte plus anciens. Ces derniers ont pu être détruits pour laisser place au nouveau bâtiment, voire en fournir les pierres, mais parfois une vraie continuité architecturale a lieu.

C’est le cas par exemple des églises de Metz, Moissac ou Entrammes qui ont d’abord été des lieux gallo-romains avant de devenir des lieux chrétiens entre le VIIe et le XIe environ.

EgliseSiècle de constructionPremier usage supposéTransformation en église
Eglise St Martin – Moissac (Tarn)v. IVe sièclethermes d’une villa gallo-romaineVIIIe siècle
Eglise St Pierre-aux-Nonnains – Metz (Moselle)IVe sièclegymnase gallo-romain VIIe siècle
Eglise St Etienne – Entrammes (Mayenne)VIIe siècleéglise paléochrétienne construite sur le site de thermes gallo-romains rasésVIIe (n’en reste qu’un escalier) puis XIe pour l’église actuelle

Eglise St Martin de Moissac
Crédit : MOSSOT CC

Eglise St Pierre-aux-Nonnains de Metz
Crédit : Fab5669 CC
Eglise St Etienne d’Entrammes
Crédit : architectureanecdotes.com

Certaines églises ont donc des bâtiments datant de l’Antiquité tardive mais qu’en est-il des maisons ?

L’architecture domestique

L’histoire de l’art s’appuie prioritairement sur des édifices remarquables qui ont su traverser le temps : il s’agit souvent d’édifices religieux (temples romains, abbayes, églises et cathédrales), d’ouvrages civils (ponts, aqueducs), de bâtiments défensifs (châteaux-forts), etc. Leur longévité nous permet d’observer aujourd’hui des éléments architecturaux et antiques.

Mais l’architecture domestique peut rarement revendiquer cette même longévité. En France, les deux tiers des logements ont été construits après 1949. Cela nous laisse tout de même environ douze millions de logements construits avant cette date. Parmi eux, les « maisons bourgeoises » que l’on trouve aussi bien en ville qu’à la campagne, souvent du début du XXe ou de la fin du XIXe, les immeubles dits de rapport (que l’on loue pour qu’ils « rapportent ») dont les fameux immeubles haussmanniens, de nombreux corps de ferme et maisons rurales, etc.

Petite maison bourgeoise, Yonne.
Google Maps
Immeuble de rapport de 1909 rue de Bagnolet à Paris.
monpetit20e.com
Ferme du XIXe, Yonne.
L’Yonne Républicaine, Mélinda Pawlak.

Logiquement, plus on remonte dans le temps, moins l’on trouve de spécimens conservés jusqu’à aujourd’hui, le bâti souffrant des intempéries, abandons ou destructions.

Les plus vieilles maisons médiévales encore aujourd’hui debout semblent donc en pierre. Il reste également un grand nombre de maisons à colombages, mais elle sont un peu plus tardives. Les historiens et archéologues s’accordent cependant pour dire que ces deux types de construction cohabitent depuis l’Antiquité

D’ailleurs, une rapide recherche internet sur les plus vieilles maisons de France donne comme premiers résultats la maison Fenasse (en pierre) et la maison de Jeanne (en pierre et colombage). La maison de Jeanne, alors considérée comme datant du XIIIe siècle a été la première à faire le buzz, avant qu’un historien, Yann Roques, ne mette en avant le maison Fenasse (Tarn). Mais s’agit-il vraiment des plus vieilles maisons de France ? (edit du 10/02/22 : le 1er résultat de la 1ère page des résultats Google a désormais inclus le #1 de cet article dans

Les maisons de pierre et l’architecture romano-gothique

En cherchant des livres sur l’histoire de l’architecture domestique, on voit rapidement que la grande masse d’ouvrages en histoire de l’art s’intéresse le plus souvent à l’habitat dans son rôle de représentation, en étudiant notamment les châteaux et les hôtels particuliers. L’architecture plus modeste semble moins étudiée.

Un texte fondateur sur l’histoire de l’architecture domestique est l‘article « Maison » du Dictionnaire raisonné d’architecture de Viollet-le-Duc. Ce dernier y retrace l’histoire de la maison de l’époque gallo-romaine à son époque, le XIXe siècle. Nombre de ses observations demeurent en grande partie confirmées par les historiens et archéologues d’aujourd’hui. Il explique qu’au XIXe, il ne reste plus rien des maisons antérieures au XIe, et qu’il faut pour les étudier se reposer sur quelques représentations, des écrits, et l’observation des ruines.

Manuscrit du XIVe siècle du Livre du gouvernement des Princes. Maisons de pierre et maisons à pans de bois cohabitent.

À l’époque où nous pouvons commencer à recueillir des fragments d’habitations françaises, c’est-à-dire à la fin du XIe siècle, nous constatons encore la présence de ces influences diverses, tenant d’une part à la civilisation latine, de l’autre aux traditions indo-germaniques plus ou moins pures. Il se produit même, dans l’art de la construction des maisons en France, au moyen âge, des oscillations singulières qui dépendent de la prédominance du caractère gaulois ou germain sur les restes de la civilisation latine, ou de celle-ci sur les traditions locales et sur les goûts des envahisseurs transrhénans.

Ainsi, au XIIe siècle, pendant le plus grand développement de l’institut monastique clunisien et cistercien, dans les villes où domine l’influence de nos abbayes, la maison est construite en maçonnerie, la tradition romaine résiste à l’influence du nord ; tandis que dans les villes plus indépendantes ou immédiatement placées sous le pouvoir royal, la maison de bois tend chaque jour à remplacer la maison de pierre.

Eugène Viollet-le-Duc, article « Maison », Dictionnaire raisonné d’architecture.

Les plus anciennes maisons en pierre à nous être parvenues répondent à l’art architectural monastique, et se trouvaient en effet dans la zone d’influence des abbayes. Pour l’illustrer, la plus vieille maison sur laquelle il m’a été donné de lire lors de mes recherches se trouve à Cluny, centre monastique incontournable.

Il s’agit de la maison située au 20 rue du Merle. Viollet-le-Duc a étudié plusieurs maisons de la ville, qu’il estimait remonter au XIIe siècle. Une étude dendrochronologique effectuée en 2000 a permis de dater le 20 rue du Merle de 1091 environ.

20 rue du Merle, façade sur rue.
Crédit : Chabe01 CC BY-SA 4.0.
20 rue du Merle, façade de 1091 vue depuis l’ancienne avant-cour, étage restitué. Dessin de B. Flüge dans cet article.

La maison du 20 rue du Merle présente sur sa façade de 1091 un style roman, dont peu d’éléments emblématiques sont encore visibles, les claires-voies ayant par exemple disparu. Voici donc une autre façade donnant cette fois-ci sur la rue.

Façade du n°15 rue d’Avril à Cluny.
Carte postale coll. Dutrion,
Déposé sur Geneanet par les Archives de Saône-et-Loire.
Façade du n°15 rue d’Avril aujourd’hui.
bourgogneromane.com

On y observe mieux les caractéristiques de la maison romane clunisienne :

  • une grande arcade, souvent en plein cintre, mais ici brisée, qui donne sur la rue et permet d’accéder à ce qui est généralement un local professionnel.
  • une porte d’entrée, réhaussée de quelques marches, qui donne le plus souvent sur un escalier droit permettant d’accéder au logis à l’étage supérieur.
  • à l’étage, la pièce de vie donnant sur la rue est éclairées par des baies rythmée par des arcs et des colonnettes, auxquelles on donne le nom de claires-voies.

On trouve aussi à Cluny beaucoup de maisons de style gothique.

Maison de Cluny avec escalier en vis
24 rue du Merle, Cluny.
CC Chabe01

La maison ci-dessus présente par exemple un escalier à vis au-dessus de la porte d’entrée, très caractéristique de l’architecture médiévale en Bourgogne. Même chose pour les fenêtres à croisée. En regardant attentivement, on voit aussi sur la maison tout à droite, des accolades qui surmontent les fenêtres. Ces deux derniers éléments seraient apparus dès la fin du XIVe siècle, et se répandent au XVe siècle.

On estime à environ 200 le nombre de maisons médiévales visibles à Cluny, ce qui en fait l’un des plus grands ensembles de France. Elles n’ont cependant pas toutes été datées par dendrochronologie, mais on peut imaginer que d’autres maisons de la ville pourraient se partager le podium des plus vieilles maisons. Parmi les autres villes présentant un nombre considérable de maisons médiévales en pierre, Pierre Garrigou Granchamp, spécialiste de l’habitat médiéval, cite notamment Provins, Clermont-Ferrand (rassemblement des villes de Clermont et Montferrand au XVIIIe siècle), Riom, Périgueux, Figeac, Cahors, Cordes-sur-Ciel ou encore Montpellier.

La maison Fenasse
Maison Fenasse
CC BY 3.0 Jean-Christophe BENOIST

Venons en donc à la fameuse Maison Fenasse, qui a remporté le titre de plus vieille maison de France dans les médias. Elle se situe à Albi, ville qui a été un évêché très tôt, avant le Ve siècle. Au VIe siècle, elle abrite la collégiale de St Salvi. La maison Fenasse tient son nom de la famille d’un riche financier du XIIIe, qui en fut propriétaire pendant plusieurs générations avant d’être condamnée pour hérésie et de voir ses biens confisqués.

On y voit à l’étage un arc roman en plein cintre, prolongé par des colonnettes, avec utilisation de roche calcaire. En dessous on perçoit un arc brisé, ultérieur, et réalisé en briques.

Cette maison a été datée grâce à ses boiseries de la fin du XIIe siècle. Bien que remarquable, elle est donc ultérieure à la maison de Cluny.

Maison romano-gothique de Toulouse, 15 rue Baragnon.

A Toulouse, la deuxième plus vieille maison identifiée (après la tour Maurand) est justement connue sous le nom de « maison romano-gothique ». Elle ne remonte pourtant « seulement » qu’au début du XIVe siècle.

On y voit des baies géminées (doubles), et des bandeaux de pierre richement sculptés, représentant notamment des créatures fantastiques mais aussi des scènes de chasse et de musique, thématiques qui correspondent à l’iconographie romane.

Détail de la façade avec baies géminées, oculi, colonnettes et bandeaux de pierre sculptés.

A Paris, la plus vieille maison connue à ce jour est encore un peu plus récente, puisqu’elle daterait de 1407, et elle n’est autre que la maison de Nicolas Flamel ! Son élixir de longue vie aurait-il joué un rôle dans la conservation de cette maison en pierre ?

Façade de la maison du 51 rue de Montmorency. Elle est surmontée de l’inscription suivante : « Nous homes et femes laboureurs demourans ou porche de ceste maison qui fut faite en l’an de grâce mil quatre cens et sept somes tenus chascun en droit soy dire tous les jours une paternostre et un ave maria en priant Dieu que sa grâce face pardon aus povres pescheurs trespasses Amen« .
CC Guilhem Vellut
Détail de l’encadrement de la porte, avec des motifs pieux.
vivreparis.com

Les plus vieilles maisons aujourd’hui identifiées en France et toujours debout remontent donc au XIe siècle pour leurs éléments les plus anciens, et ont été érigées en pierre, dans un style roman ou romano-gothique.

L’archétype de la maison médiévale : la maison à pans de bois

On reconnait pourtant dans de nombreux centre-villes le style familier des maisons à pans de bois, qui semblent caractériser au premier coup d’oeil les « villes médiévales » de notre imaginaire.

Centre-ville d’Auxerre, Yonne.
Zairon, CC BY-SA 4.0 , Wikimedia Commons

Viollet le Duc dit de la maison à pans de bois qu' »il n’est pas de construction à la fois plus solide, plus durable et plus légère ».

Elle présente parfois un encorbellement, c’est à dire une avancée de l’étage sur la rue par rapport au rez-de-chaussée. Ce système de construction permet d’éviter à l’eau de ruisseler sur la façade, mais aussi de gagner de l’espace sur chaque étage, sans payer plus d’impôt (l’impôt foncier étant calculé par rapport à la surface au sol). On peut lire que ces encorbellements permettent de dater les maisons, puisqu’ils ont été interdits dans la plupart des villes aux alentours du XVIe siècle. On reproche en effet à ces derniers d’assombrir les rue, d’empêcher l’air de bien circuler (et donc de favoriser des épidémies comme la peste), et de faciliter la propagation du feu.
A Paris, après des ordonnances répétées allant jusqu’à ordonner la destruction des encorbellements, un édit de 1607 interdit finalement la construction de nouvelles maisons en bois. De très nombreuses villes ont émis des interdictions similaires. A Toulouse, le pan de bois est interdit dès 1555. Cependant, les interdictions n’étant respectées que tardivement, la datation des pans de bois via ces éléments légaux peut se révéler trompeuse.

Voici ci-dessous la fameuse « maison de Jeanne », qui porta un temps le titre de plus vieille maison de France. On remarque qu’elle présente des encorbellements marqués. Elle se trouve à Sévérac-le-Château, dans l’Aveyron. Suite à sa médiatisation en 2017, une étude dendrochronologique fut menée l’année suivante. On l’estimait dater du XIIe ou XIIIe siècle. L’étude de ses boiseries la fait remonter au début du XIVe siècle, ce qui en fait de plus d’un siècle la cadette de la maison Fenasse d’Albi.

https://www.neozone.org/blog/wp-content/uploads/2020/05/maison-de-jeanne.jpg
Façade de la maison de Jeanne en 2017.
Google Maps
Façade de la maison de Jeanne en 2021.
Google Maps

J’ai cependant voulu vérifier s’il s’agissait de la maison à pans de bois la plus ancienne, et je me suis pour cela référée à la base de données Mérimée, qui recense les bâtiments historiques et le patrimoine architectural se trouvant à l’Inventaire.

J’y ai par exemple trouvé la mention de maisons à pans de bois, à Cahors, qui semblent détrôner la maison de Jeanne, puisqu’elles ont été datées du XIIIe siècle. Elles présentent aussi des encorbellements.

12 rue de la Daurade à Cahors.
CC 2011, MOSSOT
46 rue Donzelle à Cahors : maison à pans de bois hourdés de briques.
CC 2017, Tournasol7

Une étude portant sur ces maisons en pan de bois met en avant leurs spécificités en terme de construction, avec des contreventements et des assemblages des bois qui différent des maisons en pan de bois plus récentes, et que nous sommes davantage habitués à voir aujourd’hui. C’est un peu plus technique, mais si cela vous intéresse, c’est par là. Par exemple, les pans de bois en croix de St André (c’est à dire en X), dénotent une date de construction plus récente.

S’il peut sembler que la maison romane était en pierre, et qu’à partir du XIVe, le pan de bois se généralise, il ne faut pas oublier que cela est surtout dû à la meilleure conservation de la pierre. D’ailleurs, il est important de noter que les plus vieux pans de bois conservées avaient en réalité un rez-de-chaussée maçonné, ce qui se vérifie sur les exemples donnés ci-dessus.

De même, les plus vieilles maisons retrouvées sont des maisons urbaines. Cela s’explique en particulier par la mitoyenneté, qui a pu encourager l’entretien des murs et limiter les démolitions. Sans oublier qu’il s’agissait souvent aussi de maisons bourgeoises, pour lesquels les riches commerçants choisissaient de bons matériaux. Une maison rurale sera donc en moyenne plus récente.

Les maisons rurales et bourgeoises traditionnelles, qui subsistent dans notre pays, ne sont pas dans leur ensemble antérieures au XVIe siècle. La grande majorité ne remonte pas au delà du XVIIe siècle. A la campagne surtout, la période qui s’étend de 1770 à 1860 est celle où il faut placer la date d’une grande partie des constructions. »

Georges Doyon et Robert Hubrecht, L’Architecture rurale et bourgeoise en France, 1942.

Des théories ont également été avancées pour expliquer la présence apparemment plus grande de maisons en pierre dans le sud que dans le nord.

Viollet-le-Duc suggère ainsi que l’influence romaine ayant perduré plus longtemps dans le sud, cela s’est exprimé dans le bâti, avec l’utilisation de la pierre, tandis que le nord du pays, sous l’influence des habitudes et savoir-faire germaniques, s’est tourné vers la construction en bois.

Si cette explication a sans doute du vrai, les recherches archéologiques montre par exemple l’existence de maisons en pan de bois en Avignon au XIVe siècle, tandis qu’au XIIe siècle on trouvait des maisons en pierre à Rouen ou à Cluny (Esquieu, 1995). En tout cas, son observation selon laquelle « le plus ou moins d’abondance de l’une de ces deux matières, à proximité des centres de population, bois ou pierre, n’avait pas une influence décisive sur le système de construction adopté » est corroborée.

Durabilité et localisation des matériaux, influence des peuples de chaque région, rayonnement des abbayes, périodes artistiques, classe sociale des habitants… de très nombreux facteurs se croisent et rendent difficile voir impossible la définition de « la maison médiévale » en France.

Un palmarès mouvant

Du fait de l’avancée de la recherche, et du recours de plus en plus courant à la dendrochronologie, le palmarès des plus vielles maisons de France est voué à évoluer. Ainsi, le mois dernier, une des plus vieilles maisons de Bretagne en pan de bois a été découverte à Guingamp. Elle daterait de 1416.

Ce classement devra donc toujours être pris avec des pincettes. Les maisons médiévales qui nous sont parvenues ont connu de nombreux remaniements, et il se pose donc la question de leur intégrité. Une maison ne peut-elle entrer dans ce classement que si elle a encore au moins un pourcentage précis de sa charpente ou de ses façades d’origine ?

Après avoir soulevé ces questions auxquelles je ne saurai répondre (peut-être les archéologues le peuvent-ils), passons au classement tant attendu !

Il reprend surtout les exemples cités dans l’article. Pour des ensembles médiévaux comme Cluny, Cahors, ou Cordes je n’ai mentionné que les plus vielles maisons même si d’autres auraient probablement leur place dans ce classement. J’ai par contre laissé les maisons du XIVe et XVe, qui seraient hors d’un top 10 exhaustif.

Les plus vieilles maisons de France

La mention « dendro. » signifie que la datation fait suite à une étude dendrochronologique des boiseries des maisons.

AdresseDatation
10Maison à pan de boisGuigamp1416 (dendro.)
9Maison de Nicolas FlamelParis1407
8Maison romano-gothiqueToulousedébut XIVe
7Maison de JeanneSéverac-le-Châteaudébut XIVe (dendro.)
6Maisons à pan de boisCahors, 12 rue de la Daurade et 46 rue Donzellev. 1275 (dendro.)
5Maisons Gaugiran, Prunet et Carrié-BoyerCordes-sur-Cielv. 1270 (dendro.)
4Maison FenasseAlbiXIIe siècle
3Maison des Petits PaletsDol-de-BretagneXIIe siècle
2Maison du 71 rue du Cheval BlancCahorsv. 1091 pour le plafond du RDC (dendro.)
*1**Maison romane du 21 rue du Merle*Clunyv. 1091 (dendro.)
Classement non exhaustif des plus vieilles maisons de France

Connaissez-vous d’autres maisons à ajouter à ce classement ?

Quelques sources :

  • Articles :
    • NAPOLEONE Anne-Laure. « Les maisons romanes de Toulouse (Haute-Garonne) », in: Archéologie du Midi médiéval. Tome 6, 1988. pp. 123-138, https://doi.org/10.3406/amime.1988.1171
    • NAPOLÉONE, Anne-Laure, « Pans de bois antérieurs à 1450 dans les régions du sud-ouest : nouvelles données », in : La construction en pan de bois : Au Moyen Âge et à la Renaissance [en ligne]. Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2013, http://books.openedition.org/pufr/7927.
    • VIOLLET-LE-DUC Eugène, article « Maison », in Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, t. 6, 1863.
  • Ouvrages :
    • Florence JOURNOT, La maison urbaine au Moyen-Âge. Art de construire et art de vivre, Paris : Picard, 2018.
    • Xavier BEZANCON et Daniel DEVILLEBICHOT, Histoire de la construction de la Gaule romaine à la Révolution française t.1, Paris : Eyrolles, 2013.
  • Vidéos :
    • Conférence de Pierre GARRIGOU GRANDCHAMP à la Cité de l’architecture et du patrimoine : « L’habitat urbain de la France médiévale (XIIe – XIVe siècles) », jeudi 6 décembre 2007, https://www.youtube.com/watch?v=uxKlrghH6Ow

3 réflexions sur “Quelles sont les plus vieilles maisons de France ?”

  1. VOISINET Christiane

    ➡️ Au 23 Rue du Général de Gaulle à Rosheim se trouve la la « Maison Païenne » construite en 1154 !
    C’est l’un des plus anciens témoignages d’architecture civile médiévale en Alsace. Son plan carré, ses pierres en grès à bossage et ses petites ouvertures lui donnent un aspect de tour fortifiée qui rappelle les châteaux forts du Moyen Age.
    De plus, elle est visitable à certains moments de l’année 🔍

    1. Tout à fait ! C’est un beau travail de valorisation qui a été fait par la ville de Rosheim. Je ne l’avais pas mise au classement du fait de son apparence de « maison-tour », qui semblait être à cheval sur l’architecture civile et défensive. J’avais donc de même exclus une maison-tour à Cahors, 41 rue des Soubirous, qui daterait de la seconde moitié du XIe siècle.
      La maison romane de Rosheim : https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00075679
      La maison-tour de Cahors : https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA46000253

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