Les maisons-tours

Dans l’article sur les plus vieilles maisons de France, j’ai volontairement omis d’inclure certaines habitations, comme les châteaux et palais, ainsi qu’un habitat plus modeste mais que je ne savais pas vraiment où classer : la maison-tour.

Il s’agit en effet d’un type de maison recouvrant un large spectre, allant de la maison-tour d’apparat, raffinée et n’ayant rien de guerrier, à la maison-tour crénelée avec escalier en bois amovible et machicoulis, dont le rôle défensif est manifeste.

Malgré leur grande variété, ces maisons-tours semblent cependant être nées dans un contexte particulier, que nous allons essayer de brosser.

Origine et fonctions de la maison-tour
Une maison à étages

Dans l’article de son Dictionnaire raisonné d’architecture concernant la maison, Viollet-le-Duc mentionne des représentations de maisons ayant une forme de tour, par exemple sur un chapiteau de l’Eglise de Vézelay (antérieur à 1060). Il fait en tout cas remarquer que la maison à étages semble courante dès le Ve siècle :

“Si à Rome, dans l’antiquité, les maisons possédaient un grand nombre d’étages superposés, il ne paraît pas que cette méthode fût suivie dans les villes provinciales. À Pompeï, les maisons n’ont qu’un rez-de-chaussée, à très-peu d’exceptions près ; les peintures antiques indiquent rarement des habitations composées de plusieurs étages. Au contraire, dès l’époque mérovingienne, les maisons urbaines possèdent un ou plusieurs étages au-dessus du rez-de-chaussée ; les auteurs mentionnent souvent leurs étages, et les représentations sculptées ou peintes nous les montrent plutôt dans la forme de tours ou de pavillons élevés que comme des logis juxtaposés. Grégoire de Tours signale des maisons à plusieurs étages : « Priscus, dit-il, avait ordonné, au commencement de son épiscopat, que l’on exhaussât les bâtiments de la maison épiscopale»… [et il écrit plus loin] « Le duc Beppolen étant à table dans une maison à trois étages, tout à coup le plancher s’écroula »”

Lorsque leur base est étroite, ces maisons peuvent rapidement prendre une apparence de tour. Dans la suite de cet article, nous nous intéresserons aux maisons-tours encore conservées en élévation aujourd’hui.

Illustration par Viollet-le-Duc d’une maison représentée sur un chapiteau de l’Eglise de Vézelay.
La maison-tour, un ouvrage intrinsèquement défensif

La maison-tour proprement dite semble cependant se répandre de manière très nette en Europe dès le Xe, en même temps donc que les châteaux-forts, dans un contexte de rivalité féodale et d’insécurité, liées entre autre à l’affaiblissement du pouvoir royal et à des invasions persistantes. On peut alors parler aussi de « maison-forte ».

Le donjon de Loches est un bon exemple du type des donjon-palais ou tour-résidences mise au point au XIe siècle. Il s’agit de réunir en un seul édifice, par un étagement vertical, les trois unités fondamentales des résidences carolingiennes : aula (salle publique) capella (chapelle, oratoire) et camera (chambre, espace de la vie seigneuriale). De premières expériences peuvent être repérées dès le Xe siècle, comme à Doué-la-Fontaine, Langeais, Montbazon.

Article « Château-fort » sur Wikipédia

Le donjon peut être vu comme une forme de maison-tour, puisqu’elle est la résidence du seigneur. En ville, les maisons-tours peuvent être à cette époque le pendant urbain du château-fort, qui accueille le seigneur lors de ses passages en ville.

Résidence d’un important personnage, la fonction défensive de la maison-tour ne peut être entiérement décorélée de la fonction symbolique, et elle sert donc aussi à faire une démonstration de force et de pouvoir.

La maison-tour comme symbole d’indépendance

La maison-tour ne reste cependant pas l’apanage de la noblesse. La bourgeoisie érige également ses tours. C’est ce que raconte dans Augustin Thierry, historien du XIXe, à propos de la fondation de Vézelay. Nous sommes vers 1152, dans un contexte de rivalité entre l’abbaye de Vézelay et le comte de Nevers. Le comte de Nevers souhaite reprendre la main sur la terre de Vézelay et propose pour cela l’afranchissement à ses habitants. Après des hésitations, ne souhaitant d’abord pas trahir leur seigneur l’abbé, les habitants décident finalement de se déclarer en commune, n’arrivant pas à conclure de compromis avec ce dernier. Suite à cela :

Le comte de Nevers entra dans la commune, c’est-à-dire qu’il jura solennellement fidélité aux bourgeois, et promit de n’avoir d’amis ni d’ennemis, que les leurs, de ne conclure ni paix ni trêve avec qui que ce fût sans les y comprendre; eux en retour, lui firent serment de foi et de service de leur corps et de leurs biens, à la vie et à la mort. Ainsi élevé de la triste condition de sujets taillables d’une abbaye, au rang d’alliés politiques d’un des plus puissants seigneurs, les habitants de Vézelay cherchèrent à s’entourer des signes extérieurs qui annonçaient ce changement d’état. Ils élevèrent autour de leurs maisons, chacun selon sa richesse, des murailles crénelées, ce qui était alors la marque et la garantie du privilège de liberté. L’un des, plus considérables parmi eux, nommé Simon, jeta les fondements d’une grosse tour carrée, comme celles dont les restes se voient à Toulouse, à Arles et dans plusieurs villes d’Italie. Ces tours, auxquelles la tradition joint encore le nom de leur premier possesseur., donnent une grande idée de l’importance, individuelle des riches bourgeois du Moyen-Âge, importance bien autre que la petite considération dont ils jouirent plus tard, sous le régime monarchique. Cet appareil seigneurial n’était pas dans les grandes villes de commune, le privilège exclusif d’un petit nombre d’hommes seuls puissants au milieu d’une multitude pauvre. Avignon, au commencement du treizième siècle ne comptait pas moins de trois cents maisons garnies de tours.

La tour et les fortifications sont ainsi un symbole de liberté.
Dans cet extrait, les tours semblent cependant être rattachées au logis, sans être la résidence principale.
Ce rôle symbolique, qui a pu leur donner le surnom de « tours d’orgueil », est bien connu à Toulouse, ville couronnée de nombreuses tours capitulaires. Là aussi, ces tours viennent compléter un logement principal. Elles sont un droit accordé aux Capitouls, membres élus du conseil municipal de la Ville.

Il faut aller en Toscane pour trouver la plus grande concentration de maisons-tours urbaines.

Vue de Pérouse avec ses maisons-tours
Vue de Pérouse sur les fresques de l’Histoire de Sant Ercolano et San Ludovico , par Benedetto Bonfigli (1454). Source : Wikimedia.

Ces tours sont souvent vues comme la manifestation architecturale de l’atmosphère de rivalités familiales et de vendetta qui existait alors dans la région. Par l’érection d’une tour, on manifeste sa richesse et sa puissance (tout cela en minimisant l’emprise au sol dans des villes bien occupées) et l’on a aussi un dispositif défensif en cas d’attaque. Mais rapidement, les tours ne gardent plus que leur rôle symbolique.

« Sky is the limit«  ? : des constructions contrôlées

Tout comme Dieu aurait puni les hommes de leur orgueil lorsqu’ils ont construit la tour de Babel, les seigneurs ont pu régulièrement ordonner à leurs vassaux ou sujets de détruire leurs tours.
On peut en revenir à l’exemple de Vézelay, mentionné par Augustin Thierry, où nous avions vu qu’un certain Simon avait « jet[é] les fondements d’une grosse tour carré », la ville s’étant affranchie de l’autorité du seigneur, l’abbé de Vézelay. Mais l’histoire ne s’arrêta pas là, car les bourgeois continuant avec « insolence » leurs travaux, l’abbé voulut restaurer son autorité, et tenta donc un jour « un coup décisif » :

Il fit venir, des domaines de son église, une troupe nombreuse de jeunes paysans, serfs, qu’il arma aussi bien qu’il put, et auxquels il donna pour commandants les plus déterminés de ses moines. Cette troupe marcha droit à là maison de Simon, et, ne trouvant aucune résistance, se mit à démolir la tour et les murailles crénelées, tandis que le maître de la maison, calme comme un romain du temps de la république, était assis au coin du feu avec sa femme et ses enfants. Ce succès, obtenu sans combat, décida la victoire en faveur de la puissance seigneuriale, et ceux d’entre les bourgeois qui avaient des maisons fortifiées donnèrent à l’abbé des otages, pour garantie de la destruction de tous leurs ouvrages de défense. »

Pieter Bruegel l’Ancien, La Tour de Babel. Vers 1565.
Photo : Jean-Louis Mazières, Flickr.

En effet, la fortification pouvant être perçue comme un signe d’hostilité, tout comme la tour peut être un signe de rivalité, tours et fortifications ne pouvaient en principe être construites sans accord du seigneur.

Le droit de construire une tour est donc un privilège qui peut être accordé par le seigneur à ses vassaux, et l’on considère que les premières tours urbaines auraient été élevées par des chevaliers.

Détruire une tour peut être un symbole fort de punition, de mise au ban. A Toulouse on peut ainsi penser au plus vieil édifice civil de la ville, l’Hôtel Maurand, qui bien qu’imposant, ne domine plus la rue du Taur. Les étages supérieurs de la tour furent en effet démolis suite à la condamnation pour hérésie de Pierre Maurand, en 1178 . Ce capitoul cathare fût aussi contraint d’abjurer.

En Toscane, on estime qu’il existait à Florence 167 tours vers 1200, certaines tours dépassant les 70m (pour avoir un ordre d’idée, c’est un mètre de plus que la hauteur de Notre-Dame de Paris sans sa flèche). Vers 1250, un règlement aurait interdit la construction d’édifices de plus de 25m, afin de stopper cette concurrence et cet affront permanent au pouvoir. A San Gimignano, c’est au XIIIe siècle qu’est posée une limite de 51m, afin de ne pas dépasser la plus haute tour déjà existante.

Quelques exemples de maisons-tours

Après cette approche théorique de la maison-tour, avec ses différentes fonctions (résidence, défense, apparat), voyons désormais quelques exemples de ces édifices, à Cahors (Lot), à Rosheim (Bas-Rhin), au Cannet (Alpes-Maritimes) et en Italie. Nous verrons que bien qu’elles puissent toutes entrer dans la catégorie artificielle de « maison-tour », leurs fonctions initiales n’étaient pas toujours connues, et ont ensuite pu évoluer au fil du temps.

1. La maison-tour du 41 rue des Soubirous, Cahors
Elévation sud.
Elévation sud du 41 rue des Soubirous à Cahors.
Photo : Gilles Séraphin. Inventaire général Région Occitanie ; Ville de Cahors.

Cette maison de Cahors remplit en quelque sorte le « cahier des charges » de la maison-tour modèle, avec un aspect défensif qui n’est pas dominant.

D’après les recherches documentaires et archéologiques effectuées par l’équipe de Gilles Séraphin, elle daterait de la fin du XIe siècle. Ses murs épais de 1,50m à la base du bâtiment, s’affinent à chaque niveau pour atteindre 0,75m d’épaisseur au dernier étage.

Elle est aussi en retrait par rapport à la rue, ce qui est caractéristique de l’habitat noble. Alors que les maisons des bourgeois sont souvent ouvertes sur la rue par des arcades, afin de pouvoir y commercer, la noblesse n’a pas besoin d’un accès direct sur la rue.

L’histoire de ces maisons millénaires est souvent parcellaire. Les chercheurs pensent cependant qu’il pourrait s’agir d’une tour acquise en fief par le prévôt Gausbert de Castelnau, en 1098. La fonction originelle de cette tour est donc inconnue (s’agissait-il d’une maison canoniale ?), mais elle est transmise comme bien noble. Il semble qu’elle était presque acôlée à l’Eglise Notre-Dame de Soubirous, qui a donné son nom à la rue actuelle.

Cette tour s’élève à 16m de hauteur.

2. La maison romane de Rosheim

Cette maison appelée « maison romane » ou « maison païenne » a été datée de la moitié du XIIe siècle. contrairement à la précédente, elle se trouvait au bord d’une route passante.
Rosheim n’avait pas de remparts à l’époque de sa construction, ce qui peut expliquer son aspect fortifié.
Comme beaucoup de maisons de ce type, tout comme celles que nous verrons ci-dessous, le rez-de-chaussée sert d’espace de stockage. On voit ici une arcade donnant sur rue, mais il n’était pas rare qu’il faille passer par une trappe située au premier étage pour accéder au rez-de-chaussée, afin d’assurer l’impénétrabilité du bâtiment. Ici, un escalier droit en bois menant à l’étage a d’ailleurs été restitué.
Sur le pignon, au niveau de l’étage de vie, on voit des fenêtres géminées, en plein-cintre, qui vont dans le sens d’un usage d’habitation. De même on trouve à l’intérieur d’autres commodités, comme une cheminée et des latrines.
Il n’y aurait pas d’archives écrites permettant de témoigner des premiers siècles du bâtiment, et il fait donc s’appuyer sur les indices trouvés par les archéologues du bâti.

La maison romane de Rosheim.
Photo : Françoise Thurion, Wikimedia.
3. La maison « du Brigand » au Cannet
Image dans Infobox.

Viollet-le-Duc mentionne dans son Dictionnaire cette maison, qui lui aurait été rapportée par Prosper Mérimée, qui en avait fait un croquis accompagnée de quelques notes. L’appellation de maison du Brigand serait partie d’un malentendu, puisqu’elle était plutôt appelée tour des Danys par les habitants, du nom du hameau.

Pour Viollet-le-Duc, on peut facilement imaginer comme vivaient dans ce type de tours des « homme vivant isolés, et mal, probablement, avec leur voisins ».
Il fallait en effet une échelle pour accéder à l’étage de vie, à 2m10 du sol, d’où on pouvait ensuite se rendre au rez-de-chaussée grâce à une trappe. Les machicoulis sur quatre de ses faces (le croquis serait inexact) ne laissent que peu de doutes sur la nature défensive de l’édifice.

Sa période de construction semble être inconnue à ce jour (des études dendochronologiques sont-elles prévues ?). L’Inventaire des monuments historique indique une construction probable au XIIIe siècle, tandis qu’au XIXe siècle Antoine Léandre Sardou, suggère une construction plus tardive, au XIVe au plus tôt. Ce dernier pense qu’il s’agit d’une construction faite par les abbés de Lérins afin de protéger les cultivateurs en cas d’attaques de pirates, qui ne sont pas rares dans les environs. Viollet-le-Duc considérait qu’il s’agissait plutôt d’une maison de pirate (peut-être influencé par le surnom de la maison), mais il n’a malheureusement pas vu la maison de ses propres yeux :

« Très probablement si M. Viollet-Le-Duc eût vu lui-même la tour des Danis, ou s’il avait eu sous les yeux un meilleur dessin que celui qu’il tenait de Mérimée, son profond savoir d’archéologue et sa très-grande expérience, suppléant au manque d’un document authentique, lui auraient permis de déterminer avec assez d’exactitude l’époque où furent jetés les fondements de cette tour. »

Antoine Léandre Sardou
Maison.medievale.mediterranee.png

De nombreuses tours de ce type existent sur les rives de la Méditerranée. C’est la Corse qui possède le plus grand nombres de maisons-tours inscrites aux monuments historiques. Il faut cependant différencier les tours génoises, de guet et de défense, situées sur les côtes, et les maisons-tours, se trouvant davantage dans les terres.
On peut penser que ces maisons-tours sont fortifiées pour pouvoir se protéger en cas d’attaque, l’ennemi pouvant facilement arriver par la mer.
Mais certains ont pu voir dans ces tours la reproduction des casetorri (maisons-tours) toscanes, avec la même logique de concurrence. En creusant un peu on trouve en effet cette citation de Mérimée (toujours les mêmes…), dans ses Notes d’un voyage en Corse (1840) :

« Je ne dois pas oublier une espèce de fortification que j’appellerais volontiers domestique, et qui n’est destinée qu’à défendre une famille contre les attaques de ses voisins. Ce sont des machicoulis, disposés en avant d’une fenêtre, au-dessus de la porte d’entrée, laquelle est d’ordinaire assez élevée, et précédée d’un escalier étroit et raide. (…) À Fozzano, à Olmeto, dans beaucoup de villes et de villages de la Corse au-delà des monts, on en trouve de semblables. »

On reconnaît dans cette description une architecture très proche de la maison du Brigand. Ces tours corses semblent en tout cas plus tardives que l’âge d’or des casetorri ou des tours urbaines nobles, puisqu’elles datent plutôt des XVe et XVIe siècle.

4. Les maisons-tours de San Gimignano

Bien que je connaisse très peu l’architecture italienne, il semblait compliquer de ne pas discuter davantage les maisons-tours ou casetorri italiennes, puisque c’est en Toscane qu’elles sont les plus hautes et les mieux conservées.
La ville de San Gimignano contraste avec d’autres villes comme Florence, où les tours privées auraient été écrêtées au fil du temps, pour donner plus de visibilité à celles de la puissance publique.
Sur les 72 tours qui auraient existé, il en reste aujourd’hui 14.
Sur la photo ci-contre, on voit des tours jumelles, les tours Salvucci, de la famille du même nom, auxquelles ont ensuite répondu celles des Ardinghelli, famille rivale. Il faut imaginer qu’à l’époque de leur construction, au XIIIe siècle (ou XIIe selon les sources), ces tours étaient presque deux fois plus hautes.
Comme les autres maisons-tours, la porte d’entrée se situait au premier étage, pour des raisons de sécurité.
J’ai malheureusement eu du mal à trouver plus d’information sur la manière dont ces tours étaient habitées. Elles disposaient apparemment des aménagement nécessaires, mais semblent très étroites. Il est donc fort possible qu’elles aient été dans la plupart des cas reliées à d’autres bâtiments d’habitation, malgré leur dénomination.
Il existe aussi des maisons-tours dans d’autres régions italiennes. On en trouve par exemple à Bologne, où Andrea Massolini a tenté une définition de la maison-tour par opposition à la tour classique :

Les maisons-tours étaient plus basses que les tours, généralement de base rectangulaire, avec des fenêtres et des murs d’environ un mètre ou moins d’épaisseur. La porte était au rez-de-chaussée et une terrasse sur le toit se trouvait fréquemment au sommet. Ils étaient habités et souvent reliés aux maisons en bois environnantes. À l’extérieur, ils avaient à la fois des trous de pont et des trous plus grands à travers lesquels les galeries et les maisons qui s’appuyaient contre la tour étaient fixées.

Torri di Bologna, Andrea Massolini

Cette description de la maison-tour bolognaise semble donc ne pas correspondre aux maisons-tours de San Gimignano, de très haute taille et où la porte se situait à l’étage, questionnant encore une fois la typologie de la maison-tour.

Piazza del Duomo à San Gimignano.
Source : Wikimedia, Mihael Grmek.
Des maisons-tours ou des tours-maisons ?

Cet article semble ainsi soulever plus de questions qu’il n’en résout, puisque l’on n’a que très rarement des témoignages écrits sur la fonction initiale de ces tours construites entre le Xe et le XIVe siècle. Étaient-elles prioritairement défensives, servant de logement d’appoint ? S’agissait-il au contraire avant tout d’habitations, auxquelles on donnait une forme dissuasive ? En milieu urbain, étaient-elles vraiment indépendantes, ou presque toujours reliées à d’autres maisons ? Le terme de maison-forte ne serait-il pas synonyme dans la plupart des cas ?
Pour moi, c’est justement cette ambiguïté qui les définit et les rend inclassables et intrigantes. On touche là aux limites des typologies.

N’hésitez cependant pas à rectifier ce classement dans les commentaires, ou à partager d’autres maisons-tours !

Et pour finir, je vous laisserai méditer cette citation :

Quiconque habite une tour est un touriste.

Erik Satie, Écrits réunis par Ornella Volta, éd. Champs libres, 1981, p. 167.

Quelques sources :

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